La Perte des Sagnes
tete de speleo
Page et site archivés suite à dissolution du CHV fin 2015
Vous retrouverez ces informations et leur actualisation éventuelle
sur la fiche cavité du site collaboratif Grottocenter

Extrait de VERTACORIX n°1 -1996 - Bulletin apériodique du C.H.V.

[Les précisions du webmestre sont indiquées entre crochets]

  Cliquez sur la partie du descriptif qui vous intéresse :
Coord. et spéléométrie Historique Accès
Description Fiche d'équipement Karstologie
  Bibliographie  
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ou contactez le C.H.V.

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- Coordonnées et Spéléométrie -

Commune de Vassieux-en-Vercors
Département de la Drôme (26)

Carte IGN TOP 25 - n° 3136 ET
(Combe Laval - Forêt de Lente)

partie sud
Lambert III - X : 840,99  Y: 3 289,96  Z : 1099 m
Développement : environ 400 mètres
Dénivellation : - 135 mètres

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- Historique -

Cette perte est connue depuis fort longtemps comme l'attestent des gens du village qui affirment qu'un lavoir y était même installé "à l'époque".

Il semble que ce soit le Groupe Spéléologique Valentinois (G.S.V.) qui se soit intéressé en premier à cette perte.

Un article paru dans SPELEOS n° 19 de avril-juin 1957 (bulletin du Groupe Spéléologique Valentinois) en témoigne :

...La perte du ruisseau des Sagnes [se trouve] dans le vallon à l'Est de celui où s'ouvre le scialet de la Cèpe(sic), non loin de la ferme Giroud. Un ruisselet se perd dans un entonnoir d'absorbtion. Nous essayons d'ouvrir le passage à la main mais nous ne parvenons qu'à boucher les interstices entre les pierres en remuant la terre.
Après de gros orages, le ruisseau grossit et envahit la doline, qui se vide [ensuite] rapidement. Il se formerait alors au point où nous avons creusé, un trou qui permettrait le passage d'un homme, mais qui se reboucherait rapidement ensuite par l'éboulement des parois. Un fort bruit de cascade se laisserait entendre par l'ouverture.
On remarque çà et là dans la prairie où court le lit du ruisseau temporaire des sagnes, de curieux trous d'eau, profonds de deux ou trois mètres, et où poussent des plantes d'eau.
Cette perte est à revoir après un orage.
L'eau est susceptible d'être retrouvée au scialet de la Cèpe à 1100 mètres à vol d'oiseau.

Un second article est paru dans SPELEOS n° 34 de avril-juin 1961 (bulletin du Groupe Spéléologique Valentinois):

Le plateau de Vassieux, bassin fermé de toute part, ne recèle aucun réseau actif. Le ruisselet des Sagnes est issu d'un zone marécageuse et se dirige au Nord. Il s'enfouit rapidement et disparait au fond d'une dépression, après 200 mètres de parcours total.
On nous a signalé qu'autrefois le ruisseau était plus abondant et alimentait une sorte de lavoir.[un tel aménagement est partiellement visible aujourd'hui dans une perte de la Combe de Loscence].
Sa perte aurait été ouverte même lors d'une crue.
Nous avons travaillé deux jours à cette désobstruction. Le terrain était constitué de piérailles, comme si les paysans des alentours avaient apporté ici toutes les pierres extraites de leur champ, au lieu d'en construire des tas, caractéristiques de la région. Il nous a fallu étayer correctement les fouilles. Ces travaux ont été arrêtés à deux mètres de profondeur environ après avoir fait remuer quatre mètres cubes de déblais. Nous avons tout de même atteint un banc rocheux qui semble en place et sous lequel l'eau file toujours allègrement, ce qui nous encourage.
La poursuite des travaux est remise à une date ultérieure et nous espérons que les eaux d'automne et de fonte des neiges avanceront l'ouvrage.

Un troisième article est paru dans SPELEOS n° 59 de octobre-novembre-décembre 1967 (bulletin du Groupe Spéléologique Valentinois):

Les gouffres de la zone de Vassieux sont connus depuis fort longtemps puisque martel et Decombaz en visitèrent quelques uns.
Le seul élément actuellement vivant de ces circulations mortes semble être le ruisseau des Sagnes et sa perte. De nombreux récits rapportent qu'au cours d'une crue, ce ruisseau qui aboutirait à un bassin naturel au fond d'une doline, disparut brutalement par un orifice où "un homme aurait pu passer".
C'est là donc le seul élément permettant d'espérer l'origine d'une rivière souterraine active, donc non obstruée... à condition de l'atteindre.

Les travaux et recherches autour de cette perte ont repris vers la fin des années 70, sous l'égide de la section Vercors du GORS, pilotée par notre futur président Pierre LIAGRE.
Ce n'est cependant qu'en mai 1990 que Thierry LEGER du MASC (26-Montélimar) et Pierre LIAGRE du GORS (04-Oraison) arrivent enfin à percer le secret de cette insaisissable perte.
L'ensemble du développement connu actuellement a été rapidement exploré, malgré quelques difficultés objectives dues à l'eau et à de sévères étroitures.

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- Accès -

La doline et le ruisseau temporaire des Sagnes, qui s'y perd sont indiqués sur la carte IGN 3236 ET.

Pour se rendre à la cavité depuis le village de Vassieux :

- Prendre la route du Sud en direction du Musée de la Préhistoire.
- A 700 m du centre du village, et après être passé devant la colonie des "Enfants des Cévennes" qui abrite le local de notre club, vous arrivez à une fourche (le carrefour est marqué "Croix de Fer" et coté 1063 sur la carte IGN). Il vous faut quitter la direction principale du Musée de la Préhistoire et prendre à gauche.
- Après environ deux kilomètres et après avoir dépassé le camping des Pins sur votre gauche, un nouveau carrefour apparaît, au niveau d'un petit bois et d'une ferme notée "Marcel" et cotée 1109 sur la carte IGN. Il vous faut à nouveau quitter la direction principale et prendre à gauche.
- Parcourez à nouveau 700 mètres. Vous dépassez un bâtiment dans un pré à droite, marquée "Giraud" sur la carte IGN, qui est périodiquement occupé par une colonie de vacances de Noisy-le-Sec. Juste après, et alors que vous êtes en vue de la ferme marquée "Bernard", se présente un chemin empierré. Il faut l'emprunter vers la droite. Vous êtes en vue de la doline, repérable à un cerisier sauvage qui la borde.
- Après 250 mètres, vous arrivez en bordure de la doline, cotée 1099. Garez vous sur le bord du chemin et non pas dans un pré, mais sans géner le passage. N'oubliez pas que vous n'êtes pas chez vous, ni en pays conquis!

L'entrée de la cavité est au fond de la doline, entourée d'un grillage et fermée par une trappe à l'aide d'un boulon de 8 (clef de 13). Vous remettrez ces protections destinées à protéger les enfants de la colonie, les promeneurs et les animaux.
L'entrée est sur un terrain privé appartenant à la Mairie de Noisy-le-Sec, qui nous a donné l'autorisation de travailler sur ce site. Le gardien est susceptible de vous rendre visite.
Le fermier qui habite à 250m au Nord-Est a les prairies en location.
Soyez respectueux de ces personnes qui ont la gentillesse de nous tolérer chez elles.

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- Description -

Un puits de trois mètres permet d'accéder en désescalade au début du réseau. Le bas du puits se noie lors des pluies du fait de l'augmentation du débit du ruisseau.
Un passage étroit, bien que recalibré lors d'un exercice secours, permet d'accéder au méandre de tête du premiers puits (P 31 : puits Pierrot).
Il vaut mieux progresser en tête d méandre jusqu'à l'extrémité Nord du puits Pierrot, qui est hors crue et bien équipée.

Le puits Pierrot est fort beau. Les parois sont lisses et les arrivées d'eau en rehaussent encore la beauté. En bas, une grande poche remontante est bouchée par de la boue...

Plein Sud, démarre la "Faille HIT". Longue de 35 mètres, elle constitue actuellement la difficulté majeure de l'exploration. Cette faille est creusée en trou de serrure. Elle débute par une hauteur d'environ 3 mètres, mais n'est passable qu'au sommet où elle s'élargit pour former deux petites banquettes glissantes et malaisées. Les 20 premiers mètres sont les moins difficiles. La suite est pénible, en particulier avec un kit de matériel. La descente dans une petite bulle a été agrandie, ce qui a un peu diminué les difficultés notamment au retour. L'accès au sommet du P14 a été également agrandi, ce qui permet de passer les kits au retour sans trop de peine.

Une main courante part de la bulle élargie. Trois autres amarrages sont nécessaires au sommet du P 14, qui est lui aussi équipé hors crue.
Un départ à quelques mètres du fond dans le P 14, au Sud, retombe une dizaine de mètres plus loin dans le méandre. Cette partie doit être revue et topographiée.

Le méandre débute en bas du P 14. Etroit et entrecoupé de petites vasques, il débouche dans le P 6 par un élargissement et une série de petits ressauts souvent corrodés. Le P6 est équipé hors crue : 2 spits sont en haut à gauche de l'autre coté du puits.

Le P12 est maintenant rééquipé hors crue grâce à une vire un peu impressionante, le plus à l'Est possible.
Le bas du P12 est recouvert de cailloux calcaires plus ou moins érodés qui en font le charme avec leurs reflets dus à l'humidité.

Une série de ressauts assez larges conduit rapidement à un pan incliné (P 11) où diverses prises permettent des amarrages naturels (prévoir de grandes sangles). Le ressaut en bas du P 11 peut se faire en escalade, auquel cas la corde de 24 m peut être réduite à 15 m.

L'équipement du P14 suivant a été refait hors crue. Attention, dans la fiche d'équipement ci-après le nombre de spits n'est pas certain.

Du bas du P 14 part une arrivée boueuse, à revoir....
Derrière la corde, deux ouvertures : la plus grande a été explorée et la plus petite donne sur la suite du réseau, non topographiée :

Un méandre boueux donne une dizaine de mètres plus loin sur une arrivée en diaclase qui a été remontée sur une trentaine de mètres, sous la base d'un P20 au moins avec arrivée d'eau. A escalader.....

La partie inférieure de cette diaclase se dirige sur la partie est de la salle en bas du P14 et finit sur un siphon qui a été sondé sur environ 1 mètre. Ce siphon est à voir en période très sèche. Un léger débit d'eau semble disparaître dans ce siphon : à vérifier...
Derrière le siphon, il semble qu'il y ait un vide vu sur deux mètres mais trop étroit pour passer : à agrandir...
Il est possible que la perte qui se trouve dans la salle en bas du P 14 au Sud-Est retombe dans le siphon : à vérifier...
Enfin de petits trous, dans le pied de la paroi de la même salle en bas du dernier P 14, laissent passer un courant d'air sensible : à tracer ou agrandir....

La profondeur atteinte est d'environ -135 mètres et les possibilités de suite ne manquent pas... mais la "Faille Hit" reste un obstacle important aux gros travaux de fond. Le C.H.V. tâchera de traiter cet obstacle...

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- Equipement -

154 mètres de corde et 24 amarrages sont nécessaires.
Obstacles Cordes Amarrages Observations
Cheminement principal
P 31 40 m 4 S Puits Pierrot (magnifique)
P 14 25 m 5 S  
P 6 15 m 3 S  
P 12 25 m 7 S Rééquipé hors crue avec vire.
P 11 24 m 2 S + 1 sangle longue corde réduite à 15 m si ressaut en escalade.
P 14 25 m 6 S Rééquipé hors crue, nombre de spits et longueur de corde estimés.

B= broche; MC= main courante; CP=corde précédente;S=spit; G=goujon; Dév.=déviateur

Les équipements sont corrects en cas de réseau peu arrosé. Ils deviennent dangereux en cas de pluie importante dans les P 12 et P 14 du fond.

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- Karstologie -

- Evolution du réseau -

La perte du ruisseau des sagnes présente les signes de passage par différentes étapes de transformation karstique :

- Creusement de la cavité.
- Concrétionnement.
- Dissolution des concrétionnements.
- Remplissage par des particules assez fines et du cailloutis.
- Recreusement par dissolution et reprise d'activité, ce qui est la phase actuelle.

Cette évolution se retrouve dans la plupart des cavités complexes du plateau de Vassieux et même du Vercors. Elle est sans doute liée aux variations climatiques qui ont fait alterner périodes glaciaires et interglaciaires. Les périodes de réchauffement, propices à la fonte des glaciers locaux, entraînent des reprises parfois spectaculaires d'activité et en particulier le ravinement des dépôts meubles.

- Circulations d'eau -

En dehors des pluies importantes et de la période d'activité du ruisseau, un filet d'eau parcourt la cavité à partir du sommet du puits Pierrot (P 31). C'est d'ailleurs, comme dans toutes les pertes, un attrait esthétique important de la cavité.

Lors de faibles pluies, en période où le ruissseau ne se jette pas directement dans la cavité, les arrivées d'eau sont les suivantes :

- A l'entrée de la doline, le ruisseau se perd dans des avaloirs colmatés périphériques à la cavité.
- Dans la faille d'entrée, en haut du puits pierrot (P 31), 2 arrivées sont visibles.
- A -10 m par rapport au sommet du P 31 , deux arrivées se répartissent en partie Nord et Est.
- Dans la partie Nord du premier P 14, on observe sans doute l'arrivée d'eau en provenance de la "Faille HIT".
- A 10 mètres du bas du premier P 14, dans le méandre, une arrivée se situe à gauche dans le sens de la descente.
- Une arrivée est présente dans le P 6.
- Une autre arrivée se fait à l'Est dans P 14.
- Une arrivée provient de la cheminée terminale.
- Le réseau se termine sur un siphon au point le plus bas. Il s'agit sans doute d'un siphon suspendu, à revoir en période de sécheresse. Ce siphon fait environ 0,8 mètre de diamètre et au moins 1 mètre de profondeur. Une perte située en bas du P 14 pourrait retomber dans le siphon.

Le P 12 et le dernier P 14 doivent absolument être équipés hors crue, sous peine de ne pouvoir remonter en cas d'augmentation du débit dû à des précipitations.

Nous ignorons comment évoluent les circulations d'eau en cas de gros orages ou de fonte des neiges. Nous avons cependant observé que la corde du dernier P 14 se retrouve emmélée en haut du puits lorsqu'on la laisse tout un hiver. Il est donc possible que l'ensemble du P 14 se mette en charge, ce qui laisse envisager un rétrécissement notable au niveau du siphon terminal actuel.

- Coloration associée -

Le 25 octobre 1980 à 11 heures du matin, 12 kg de fluorescéine ont été injectés par l'Institut Dolomieu (Ph. ROUSSET pour D.D.A. Drôme) dans la perte des égoûts de Vassieux, à une altitude de 1050 mètres. Le débit estimé des effluents était d'environ 10 litres / seconde.

La sortie de la "fluo" a été détectée aux Sources d'Arbois (altitude 406 mètres) deux jours après, ce qui fait une vitesse de progression moyenne d'eviron 400 mètres / heure pour un dénivelé de 644 mètres.
La vitesse très élevée est sans doute due au régime de crue qui existait aux sources d'Arbois lors de l'expérience.

La perte du ruisseau des Sagnes est située près de Vassieux, dans la même goutière synclinale, à environ 3 km en amont de la perte des égoûts. On peut penser être sur le même réseau hydrologique.

- Fonctionnement hydrologique général -

La question générale qui se pose pour l'ensemble des cavités du plateau de Vassieux est, de l'avis du C.H.V., la suivante :

La contribution hydrologique du plateau de Vassieux au "système Luire - Arbois - Bounillon" est elle :

- Diffuse, au travers des failles Est-Ouest qui coupent le synclinal de Vassieux et le synclinal médian de Saint Agnan
- Organisée par un collecteur, parallèle à celui du synclinal médian, situé au fond de la goutière synclinale de Vassieux, et confluent avec le collecteur médian quelque part avant les Sources d'Arbois.
- Mixte entre ces deux schémas, et variable selon les régimes de débit.

Les activités du C.H.V. (cf. statuts) concouraient justement à éclaircir cette question, sans occulter les aspects humains, économiques et environnementaux d'un milieu karstique de moyenne montagne. La dissolution du CHV fin 2015 est survenue avant que cette hypothèse ne puisse être vérifiée ou infirmée.

Si cette modeste "quête" vous passionne également, n'hésitez pas à nous contacter.

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- Bibliographie -

1996 - VERTACORIX n° 1 (Bulletin du C.H.V.) - pages 9 à 24.

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