Le Scialet Michellier
tete de speleo
Page et site archivés suite à dissolution du CHV fin 2015
Vous retrouverez ces informations et leur actualisation éventuelle
sur la fiche cavité du site collaboratif Grottocenter

Les informations contenues dans cette page sont en grande partie extraites de :
"Spéléo dans le Vercors - tome 2" (pages 199-201)
écrit par Serge CAILLAULT, Dominique HAFFNER, Thierry KRATTINGER, J.J. DELANNOY
(publié chez EDISUD )
et "VERTACORIX" n° 1 - 1996 (bulletin du C.H.V.)
[Les précisions du webmestre sont indiquées entre crochets]
Erratum : une coquille s'est glissée dans le premier ouvrage cité ci-dessus.
Il faut lire Y=3289,49 et non Y=3298,49.

  Cliquez sur la partie du descriptif qui vous intéresse :

Coord. et spéléométrie

Historique

Accès

Description

Fiche d'équipement

Karstologie

 

Bibliographie

 

La topographie n'est pas disponible sur ce site pour l'instant.
Reportez-vous aux références bibliographiques
ou contactez le C.H.V.

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- Coordonnées et Spéléométrie -

Commune de Vassieux-en-Vercors
Département de la Drôme (26)

Carte IGN TOP 25 - n° 3136 ET
(Combe Laval - Forêt de Lente)

partie sud
Lambert III - X : 840,29  Y: 3 289,49  Z : 1128 m
Développement : environ 1000 mètres
Dénivellation : - 100 mètres

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- Historique -

La cavité qui vient de s'ouvrir au milieu d'un champ est découverte en septembre 1993 par un agriculteur Noël Michellier. Il prévient des spéléos de Vassieux-en-Vercors. L'histoire de cette cavité commence.
Les mois suivants, une désobstruction est entreprise par le C.H.V. En mai 1994, les explorateurs découvrent la galerie des Vertacomicoriens et une partie du méandre Tadebogenoux. Les sorties s'enchaînent.
Le fond est atteint vers-100 au bout du méandre Tadebogenoux. La salle Sophie est découverte après une escalade de sept mètres. L'amont est exploré en octobre de la même années.

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- Accès -

De Vassieux-en-Vercors prendre la RD 615. Après 600 mètres, prendre à gauche pour passer ensuite au carrefour de Marcel où il faut continuer plein sud [tout droit] sur la route communale. Peu après le carrefour coté 1125 [sur la carte IGN TOP 25 3136 ET], à 20 mètres du bord droit de la route, dans un champ, s'ouvre sous une plaque d'égout, une petite entrée busée de 1 mètre de diamètre.

Vu la situation de l'entrée en plein champ cultivé, se garer correctement [sur le bord de la route] et faire très attention aux cultures. Bien refermer l'entrée y compris pendant l'exploration, si des bêtes broutent dans le champ. [Refermer dans tous les cas pour éviter que des enfants ne tombent dans le puits d'entrée et accessoirement pour éviter que la pluie ou la neige ne dégradent le busage et le fond du ressaut d'entrée].

En un mot : respecter les lieux.

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- Description -

L'entrée est une bouche [tampon circulaire]d'égout que l'on déplace facilement pour entrevoir à un ressaut de 2 mètres. Des barreaux d'échelle fixe sont en place. Quelques mètres à quatre pattes [accroupis depuis un bon nettoyage de la bulle d'entrée] et nous nous retrouvons au sommet du premier puits de 17 mètres. A quelques mètres de son fond, un petit pendule [vers le nord] permet de prendre pied sur une margelle qui mène aussitôt sur un P9 [assez étroit, qui se remonte à la poignée seulement, grâce aux strates de rocher formant marches], et un P4[ressaut et élargissement d'une diaclase formant méandre].

Nous trouvons ensuite le puits (du) Silex de 31 mètres, circulaire, avec de beaux rognons de silex [d'où son nom]. A sa base, nous sommes à -67 mètres devant une petite galerie désobstruée où il faut plus ou moins ramper. [Le tas de déblais en bas du puits Silex donne une idée des travaux d'élargissement de la galerie, qui n'était qu'un méandre impénétrable]. Juste avant d'arriver à la galerie des vertacomicoriens, à droite, le départ d'une (minuscule) conduite forcée donne accès à l'amont de la cavité, vers -20 mètres.

L'ampleur de la galerie surprend. Elle possède également une grande richesse sédimentologique que nous devons à tout prix respecter [similaire à celle de l'Antre de Vénus]. Rapidement nous arrivons au bout du conduit.

En contrebas, [à gauche] au niveau d'une petite arrivée d'eau [explorée au mât d'escalade] on trouve le méandre Tadebogenoux [attention aux vôtres], tortueux à souhait mais joliment ciselé. Après 300 mètres de contorsions, nous arrivons au P13 qui marque également le point bas de la cavité à -100 mètres sous le plateau.

Si ce parcours ne vous enchante guère, il existe une escalade de 7 mètres [généralement équipée] sur un remplissage, qui permet d'accéder à la salle Sophie, après avoir franchi [en l'évitant par la droite] un imposant plancher stalagmitique suspendu.

Nous nous trouvons alors dans une zone concrétionnée extrêmement fragile. C'est avec beaucoup de précautions que nous poursuivons notre visite. Nous débouchons ensuite dans une conduite forcée [?]au sol argileux. De nouveau un beau volume creusé à la faveur d'une faille qui marque la fin de la cavités sur des diverticules obstrués par des trémies. [Le C.H.V. recherche la suite du réseau dans des méandres plus ou moins ventilés qui s'ouvrent sous ces éboulis, dont le méandre des Chinois].

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- Equipement -

101 mètres de corde et 17 amarrages pour accéder à la galerie supérieure

Obstacles

Cordes

Amarrages

Observations

Cheminement principal conseillé

R 2 d'entrée

-

-

Entrée busée , couvercle et barreaux

P 17 (puits Gégé)

28 m

2S MC+2Sen Y

Penduler avant d'atteindre le fond

P 9

19m

CP -> 2S en Y

Se remonte sans le croll

P 4

-

CP

Une corde de 60 mètres permet de franchir ces 4 premiers obstacles

P 31 (puits Silex)

36m

2Sen Y MC+2S en Y +1 S.Dév.

Déviation à 10 mètres du fond

E 7

18m

1 S + 2S MC

Généralement équipé, sinon escalade délicate dans glaise puis 5 spits

Méandre Tadebogenoux

P 13

15m

2S en Y

Au bout du méandre Tadebogenoux, ce puits est en fait plus profond.

Accès au méandre des Chinois

P 5

10m

1S+2Sen Y

Passage entre blocs possible

P 3

7m

2G en Y

Goujons de 8 mm

B=broche; MC=main courante; CP=corde précédente;S=spit; G=goujon; Dév.=déviateur

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- Karstologie -

Le scialet Michellier est une des rares cavités verticales qui s'ouvre dans la dépression de Vassieux. Cette dépression correspond à un ancien poljé. Un "poljé" se définit comme une dépression fermée, drainée par des écoulements superficiels qui se perdent dans des pertes qu'on appelle des "ponors".

Les ponors, contrairement aux pertes classiques, s'engorgent systématiquement lors des périodes de hautes eaux, ce qui provoque l'inondation de la dépression. On rapporte à ces nappes d'inondation le façonnement de trottoirs de corrosion qui recoupent horizontalement les calcaires (on parle alors de dissolution latérale).

Les poljés sont donc le résultat d'une étrange alchimie puisque l'endokarst est capable de détourner les eaux superficielles vers le karst profond tout en étant incapable d'évacuer ces mêmes eaux en période de crue.

En dehors des causes tectoniques (rejeu de failles) ou eustatiques (remontée du niveau marin et par incidence des niveaux de base karstiques), on relève une répartition climatique des poljés : ceux-ci sont particulièrement présents dans les régions méditerranéennes et tropicales (à saisons contrastées).

L'explication réside dans le fait que les précipitations, dans ces régions, sont concentrées sur de très courtes périodes, qui ne laissent pas le temps au karst de  développer des conduits conséquents.

En ce qui concerne Vassieux, on n'est pas dans une région méditerranéenne (et encore moins tropicale !!!), et le fond de la cuvette ne s'inonde pas. Alors poljé ou pas ?

Les différents paliers subhorizontaux qui tronquent les calcaires sont les témoins d'une dissolution latérale, donc d'anciennes nappes d'inondation. De plus, le fait que ces planchers soient étagés suppose l'alternance entre des périodes d'aplanissement (fonctionnement en poljé) et de creusement (étagement des planchers).

Ce va-et-vient étant de l'histoire ancienne, on pense aux alternances climatiques qui ont rythmé le Quaternaire. Durant les épisodes tempérés comme actuellement, les précipitations sont réparties régulièrement sur l'année; le karst possède une structure adéquate pour évacuer les eaux d'infiltration. Durant les épisodes froids, on change la mise : une partie des eaux est stockée sous forme de neige (voire de glace : le col de la Chau est d'origine glaciaire), puis restituée en bloc durant la courte période estivale. Si les conduits souterrains peuvent évacuer la totalité des eaux de fusion, pas de problème, sinon l'endokarst s'engorge et entraîne l'inondation du poljé.

Ce scénario est attesté par les remplissages lités argilo-sableux du scialet Michellier, qui témoignent de périodiques mises en charge du karst et à faible profondeur (-65 m).

Les remplissages plus grossiers accumulés dans la galerie des Vertacomicoriens pourraient être, quant à eux, l'expression de l'érosion superficielle qui accompagne les dégradations climatiques selon le scénario suivant :

  • le refroidissement climatique entraîne une ouverture progressive de la forêt qui protège de moins en moins le substrat;


  • les eaux d'infiltration sont de plus en plus chargées en débris;


  • les débris peuvent s'accumuler dans les secteurs exigus (ou de moindre pente) de l'endokarst et accentuer ainsi les dysfonctionnements dont on a déjà parlé.
Il reste à vérifier tout cela.
Le scialet Michellier présente une rare diversité de remplissages karstiques qui sont de réelles mémoires du passé. Une autre machine à remonter le temps y est donc à votre disposition.

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- Bibliographie -

  • BERTHET Michel - 1996 - "Scialet Michellier" - Vertacorix n°1 - bulletin apériodique du C.H.V.


  • CAILLAULT Serge, HAFFNER Dominique, KRATTINGER Thierry, DELANNOY J.J.
    - Spéléo dans le Vercors - tome 2 (p. 199-201) - Edisud


  • CAILLAULT Serge, - 1996 - "L'exploration du scialet Michellier" - Spéléo Magazine n°22 (p. 8-11) - Editions Spéléo.


  • Ces trois ouvrages contiennent la topographie de la cavité, connue au jour de leur édition.

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